En février 2016, j’ai écrit un article sur le blog de la revue Passerelles sur l’évolution de la « participation » ces dernières années.  Face à la concentration des pouvoirs, et la bonne dernière en date, l’achat de Monsanto par Bayer, dont l’annonce est parue en septembre  aura, pour réaction des citoyens, toujours plus de participation pour contrer les effets néfastes de ce géant agro-alimentaire chimique, qui dans un cercle vicieux infernal, possèdera à la fois la méthode de nous rendre malade et celle de nous guérir.

La participation serait-elle assez forte pour contrer ce « grand machin » en train de naître ? Il est probable que oui. Mais cela suppose que les citoyens de tous les pays se mettent ensemble et refusent les propositions de ce géant mais aussi des autres dont on parle moins mais qui sont tout aussi néfastes. 1

Mais pourquoi donc parler de ces géants qui ont la vocation notamment de nous écraser pour mieux nous rendre esclave de leurs produits phytosanitaires et donc de leurs médicaments qui travaillent tous pour leur bonheur financier ? C’est sans parler aussi des climato-sceptiques qui prétende que l’industrie n’est en rien responsable du réchauffement climatique et du délabrement de la planète.

Face à ces inepties, des individus se réveillent, des associations se créent, des mouvements voient le jour non seulement pour dénoncer les inepties qui sont débitées chaque jour par ceux qui ont le pouvoir et l’argent. Les individus s’informent, se forment aussi, décide d’agir dans son lieu de vie, dans son jardin, dans celui des autres (jardins communautaires), dans les espaces publics (agro-écologie urbaine) et dans tant d’autres lieux qu’il est possible de rendre plus communautaires comme les espaces  d’habitats partagés qui recomposent les liens sociaux.

Toutes ces initiatives amènent le citoyen à se positionner de manière différente face à lui-même, face à sa communauté, à ses voisins, sa commune. Un vaste changement est en marche tant dans les villes que dans les campagnes à travers des mouvements citoyens 2 sont enclins à vivre la participation sous une forme active.

Face à ces géants, une seule solution : se battre.

Il ne s’agit pas d’utiliser les armes. Se battre veut dire : se mettre tous ensemble, dans les réseaux sociaux, dans des mouvements citoyens, dans des associations, par des pétitions, des procès ,3 des manifestations, des conférences, des émission de télévision comme « Cash investigation », des écrits dans les journaux… Il s’agit d’agir, de participer à toutes les formes de citoyenneté pour que l’adversaire, qui ne s’attend pas à de la résistance, se sentent déstabilisé.

C’est aussi le choix qu’à fait Asmae dans sa mission de renforcer la capacité des jeunes à devenir des citoyens. Le travail d’Asmae est de proposer toutes les alternatives existantes pour qu’un jeune puisse choisir un ou plusieurs moyens d’action correspondant à ses aspirations, en excluant tous les moyens violents.

Oui, la philosophie de la participation est une arme pacifique pour lutter contre les monstres qui n’arrêtent pas de grandir au profit de quelques-uns au détriment de la majorité. Asmae utilise cette philosophie depuis sa création, tant bien que mal. Elle est d’ailleurs une des valeurs fondamentales d’Asmae, placée au cœur de ses préoccupations liées aux jeunes.

La méthodologie de la participation s’emploie dans l’ensemble de ses activités. Elle est présente partout dans toutes les activités. Certains volontaires d’Asmae l’ont tellement bien compris que des nouvelles actions naissent comme le Festi’Van qui est une idée mise en route par les volontaires au service de toutes les activités de l’association.

La méthode la la recherche-action « Je participe, tu facilites » est un des outils qui, bien compris, apporte aussi une vision plus horizontale de la communauté, moins hiérarchique. Il pourrait même être utilisé pour créer des actions pour mieux lutter contre les géants, car ces derniers sont un des nombreux problèmes vécus par les populations dans le monde. Comme cette méthode permet la résolution de problèmes, elle est donc un levier qui peut permettre de changer le monde.

Géry de Broqueville

  1. Pour les semences , par ordre décroissant : Monsanto (USA), Dupont (USA), Syngenta (Chine), Limagrain (France), Land O’Lakes (USA). Pour l’agro-alimantaire : Nestlé (Suisse), PepsiCo (USA), Unilever (UK/Pays-Bas), Coca-Cola (USA), Danone (France). ↩︎
  2. Mouvement Colibri de Pierre Rabhi, Terre et conscience, le syndicat des Simples, Demeter, Nature & Progrès (N&P), et BioCohérence, Confédération paysanne, CNCD-Opération 11.11.11. dont Asmae est membre et bien d’autres encore. ↩︎
  3. Un agriculteur français de Charente-Maritime a obtenu gain de cause devant la justice après 10 ans de procédure contre Monsanto. Voir article dans Le Monde 10 septembre 2015.  ↩︎

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